C’est qui le plus fort: le koala tueur ou le pingouin? L’histoire de l'écrivain qui n’avait pas inventé le string à couper le beurre.

C’est l’histoire d’un type qui a un liquide succès dans les bars australiens grâce à ses grasses histoires sur les animaux du Bush. Un autre pilier de bar a du lui dire, toi qui est écrivain, tu devrais en faire un livre, genre des nouvelles. Kenneth Cook, c’est son petit nom, a du croasser quelque chose comme: “Pas con copain! J’ai même un titre qui pète la durite de la 4L à Jacky: le Koala tueur!”
Hélas, la cuite n’a pas été assez sévère pour lui faire oublier l'idée.

Pire, deux aspirines plus tard, il croit avoir inventé la machine à blagues qui tue les mouches,
le string à couper le beurre, la formule magique du pouvoir du zygomatique ancestral, le Moonwalk belge, Ze killing joke, le saint Grhââl lovely, le rigolez ou remboursé.
Comme le disent toujours ma femme et celle de Columbo: "chéri, un bon chilli vaut mieux que deux cuites."


Résumé de toutes les nouvelles, hélas fidèle au texte:



Dieu faisant bien les choses, les zanimos, il y en a un paquet. Alors vous remplacez le labo par un bar paume dans le bush, mademoiselle Hortense par notre antihéros benêt et bedonnant, professeur Thibault par le pote de bar aux plans plus foireux que votre dernier nouvel an, et il n’y a plus qu’à changer la mouche à chaque changement de nouvelle. Au programme: des crocodiles post-coïtaux, des koalas tueurs, des pachydermes constipés au lavement explosif, des chameaux attrape-touristes, des chats bouffeurs de croupes de chameaux, des cochons kamikazes, des serpents cryogénisés...

“Avez-vous déjà essayé de courir avec des griffes de koala enfoncées dans le torse et les cuisses, et ses dents plantées dans l’entrejambe ? Impossible.”

A faire mariner dans un peu de contexte culturel:
“Alors comme ça, tu refuses toujours de boire un coup avec moi, espèce de salopard ! Ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait, loin de là, mais je n’avais pas retenu ma leçon. Dans toute l’Australie à l’ouest de Bogan, on peut truander un homme, s’enfuir avec sa femme, spolier sa fille, débaucher ses fils, voire lui voler son chien, il lui sera toujours possible de vous pardonner, mais refuser de boire avec lui vous recale dans la sous-classe des dingos, des parias à jamais, des irrécupérables ; vous ne valez même pas la balle qu’il aurait pourtant plaisir à vous loger dans la peau.”
“Nous devînmes sans tarder bons potes de comptoir, comme ça se fait à Coober Pedy, en suivant les conventions de l’art de la conversation à l’occidentale. -    Salut. -    Salut. -    Fait chaud. -    Ça, fait chaud... -    On crève de chaud. -    Putain de chaleur. -    Ouais. -    Ouais.”

Critique:
L’animal scribouilleur parlant english, ni one, ni two, je sors mon gros attirail shakespearien, mon appareil critique anglo-saxon:
Phoque Bibi! You have a format problem: size does matter!
C’est un peu court jeune homme, et pourtant trop long. L'auteur réunit des bonnes blagues de copains, mais il n'y a pas de quoi faire des nouvelles de plus d'une demi page.
Kenneth était trop souvent au bar pour écouter sa femme qui lui rabâcher que les plus courtes sont les meilleures.

L’humour animalier doit être une fulgurance, comme le dirait sûrement Bergson, un combat de tous les instants: il ne faut pas noyer la morue, ni faire brûler une bonne tranche.
Imaginez un instant un carambar d’un kilo: la blague a beau être drôle, ça reste indigeste.
Ou votre cousin machin qui met une heure à se perdre dans sa blague périmée.
Les blagueurs se divisent en deux catégories: les petits comiques, et ceux qui s’enfoncent avec un tractopelle. Lui, il tractopelle.

Regarde bien Bibi, j’en fait pas tout un bouquin, ni un phoque: 13 secondes chrono, prends-en de la petite graine !





Mais la plus grosse blague du bouquin reste la postface de Mireille:
“Au-delà de la véracité putative de ces récits - dont la trilogie représente la dernière œuvre de Cook -, et de leur indéniable valeur littéraire (chutes à la Maupassant, style dépouillé et percutant, drôlerie d’une plume tendre ou caustique), ils nous éclairent sur la personnalité de cet écrivain prolifique et surdoué. Nous découvrons un homme candide, sympathique, bon vivant, au raisonnement sain et absurde (on pense à Yossarian dans L'Attrape-nigaud de Joseph Heller), dont la curiosité et la générosité finissent toujours par l’emporter sur la lâcheté, mais le mettent systématiquement dans le pétrin.”

Bravo Mireille, encore plus malhonnête qu’un quatrième de couverture. Pire que nos profs de français qui voyaient du chiasme sexuel partout.
La question du jour: Les rédacteurs de  quatrième de couverture sont-ils victimes du syndrome de Stockholm?

Retenez bien la leçon, lorsque on vous annonce un bouquin “dans la lignée de”, “digne de”, “souvent comparé à” avec plein de noms de grands auteurs, on est très souvent dans le syndrome Alain Deloin. Fuyez!

Conclusion en trois parties:
-Kenneth est au programme du bac australien
-Lisez plutôt Cinq matins de trop du même auteur
-On inaugure le label Un pingouin sinon rien, pour les bouquins hilarants. Mais le Koala tueur ne remporte que un Vas y mon toc toc et les chips. Il échappe de peu à un alfumiste. (barème ici)

Le Koala tueur de Kenneth Cook chez Amazon
Cinq matins de trop de Kenneth Cook chez Amazon

2 commentaires:

  1. "Imaginez un instant un carambar d’un kilo: la blague a beau être drôle, ça reste indigeste." GENIUS

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  2. Je repasse sur le Charlatan, vous me manquez. A quand votre retour ? :)

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