Barbie contre le Kinder géant


Comme l’annonce mon titre aussi clairement que fièrement, je vous parle aujourd’hui de Dôme de Stephen King.

Évoquant cet auteur, je vois déjà myriade de petites âmes sensiblement manchotes lever la quenotte pour avoir la permission de chanter en coeur et en canon: "Stephen King, c’est trop affreux".
Et bien tant que vous ne chantez pas, vous avez raison, une fois, Dôme c’est trop affreux, c’est plein de gentils animaux morts même pas empaillés.


Resumé: Tout commence par la mort injustifiée d’une marmotte qui vaquait à ses occupations, quand soudain, le dôme lui tombe dessus. Le dôme, c’est une sorte d’oeuf Kinder géant, invisible, infranchissable, indestructible, coupant du monde une petite ville américaine ou les gens portent des chemises à carreaux. Franchement, l’auteur bougeait la marmotte de 10 cm, elle survivait. C’est trop affreux.

L’enterrement bâclé de la dite marmotte dégénère plus que celui de la barone Thatcher dans le monde animalier, faisant des milliers de victimes parmi les animaux, tout nombre de papattes confondu (mais pas de kinder pingouins parce qu’il n’y en pas). L’armée, impuissante, tente bien une petite bombe nucléaire, mais après le dôme il est tout sale.

Pendant ce temps la, il se passe quoi à votre avis dans un Kinder géant ou sont enfermés les pleupleus moutonneux, le super gentil colonel Barbie ( véridique) et le méchant très méchant qui se dit que monter un état policier maison, c’est vachement plus rigolo qu’un colin-maillard?
“Toi et moi, dans la même boite de chocolat, c’est le bordel!” chantait Léopold Nord & Vous. Le groupe avait beau être belge, il avait plus raison que les frères Bogdanoff.

1500 pages plus tard, on a enfin l’explication sur l’origine du dôme. Hélas c’est bel et bien l’une des deux possibilités toute nazes que le lecteur envisageait au début ( les paris sont tout verts: militaires ou extra-terrestres?), et elle ne rend pas le schmilblick des 1450 pages précédentes plus intéressant.

Morale: Quelle est la dernière chose qui passe par la tête d’une mouche quand elle s'écrase contre un dôme? Son cul.


Ne nous méprenons pas, j’aime beaucoup Stephen King, tant et si bien que je le surnomme mélodieusement Bibi King. Il essaye même de me faire sourire Bibi: " - Barbie ? demanda-t-elle à voix basse. Comment va Ken ? - Il est parti à San Francisco pour participer à la parade de la Gay Pride. Je me suis toujours douté que ce garçon n’était pas hétéro."
J’aime aussi beaucoup la SF de laboratoire: et si on change ça, il se passe quoi? Mais là, Bibi nous pond un pavé aussi gros que le King, et aussi digeste que les repas de ce dernier en fin de carrière.

La première partie de la première partie passe encore: la stupeur des indigènes qui réalisent qu’ils sont dans la bouse de phoque est mieux foutue que ma voisine. Mais pour le reste, on aurait préféré un téléfilm M6 de deux heures. Rien n'étonne et panettone, le malin lecteur lit juste pour connaître le fin mot de l’histoire, mot fin comme une andouillette. Sauf que 1500 pages, c’est l’indigestion.
Bref, comme le dit Cyrano: "Ce n’est pas un pavé, c’est un parpaing".

Quand le Charlatan vous sauve deux pénibles semaines de lecture, c’est parfois au péril de son quotidien et de son hygiène oculaire. Supposant qu’il faut finir un livre pour le critiquer, j’ai du testé un prototype expérimental de lecture hyper rapide, non sans danger comme le rappelle les scientifiques qui l’ont anxieusement baptisé: "la lecture Mach Z". Ayant signé toutes les décharges, j’ai fait mon Fangio du pavé, j’ai frôlé le mur de la compréhension. Les témoins croyaient que je levais les yeux au ciel, alors qu’ils faisaient du wheeling.
Rassurez vous, je suis indemne.

Croyez-vous que Télérama ait risqué autant avec son “On retrouve avec délice cette écriture puissante, qui, sur plus de mille pages, charrie une foule de personnages forts, ­attachants ou odieux.”? Ça ressemble plus à La croisière s’amuse de la critique littéraire.

Que retiendrais-je de Dôme? Une expression: "Ce n’était certainement pas un idiot (pas une flèche non plus, il s’en fallait de beaucoup, mais il savait au moins de quel côté sa tartine était beurrée)".

Vous voulez de la SF politique? Lisez La ferme des animaux.
Vous voulez un bon Stephen King? Lisez Marche ou crève.
Vous voulez du pavé? Lisez du John Irving.

Verdict: On inaugure un nouveau label rien que pour Dôme: "tu sais pas quoi? Non rien", pour ces bouquins que l’on finit en diagonale pour savoir le fin mot de l’histoire, sachant d’avance qu'a priori on s’en bat la nénette.

3 commentaires:

  1. 1.500 pages, et sans ma très brevetée méthode de "Lecture Rapide" ? Félicitations CharLit (un autre titre de King que je n'ai su finir d'ailleurs).



    Pour conclure (aussi) : vous voulez un dôme qui a vraiment de la gueule ? Lisez "Spin", de Bobby Charles Wilson.

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  2. J'aime que la reference Kink ne soit pas Carrie ou Shining mais le vraiment Bon Marche ou Creve
    Ceci dit, le Cochon d'Inde est-il mort sous le Dome?

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  3. pourquoi y a une astérisque sur le titre à côté de dôme?

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