Il faut que finesse se passe


Le monde civilisé, 2013:  les femmes cherchent des hommes forts mais sensibles, avec une âme d’enfant et un kiki de dinosaure. Un jean et des baskets ne suffisent plus à être cool et les jeunes mâles se lèvent plus tôt pour se coiffer. Les chauves aussi.

Bref, il faut encore sauver le monde, le slip et l’orphelin. Mais vu la gueule de 2013, un Terminator venu du futur sauvera tripette. Alors le Charlatan a mis son beau bonnet rouge pour plonger dans les années quatre-vingt et vous dégotter le récit autobiographique d’un aventurier français avec des kiwis dans le slip: Oro de Cizia Zykë.

Quels sont les indéniables avantages d’un récit autobiographique d’un aventurier français avec des kiwis dans le slip?
- L’auteur n’est pas écrivain, évitant le syndrome Décathlon A fond la forme
- C’est tiré d’une histoire vraie ET pas chiante
- Il a un CV à faire pleurer un powerpoint: joueur de foot, légionnaire, pilleur de tombe et trafiquant d’art précolombien en Argentine, patron de boite de nuit à Buenos Aires, chercheur d’or au Costa Rica, gérant de tripot au Canada...
- Enfin une bonne photo d’auteur! Poil au proust-proust: quand Zykë fait l’amour à la caméra, ce n’est pas pour les enfants.
- Et finalement, ça introduit très bien mon résumé:

Resumé:
C’est deux oeufs dans un frigo au Costa Rica. Le premier dit a l’autre:
Woaah, t’es vachement poilu toi.
L’autre répond:
Ta gueule connard je suis un kiwi!
Fin du résumé

Après l’Australie, voici donc un autre excellent guide de voyage. Pas du genre à conseiller sur le choix de la meilleure banane pour travellers chèques ou obtenir une bonne place sur un vol Ryan air. Vous voulez de l’aventure oui ou saperlipopette?

Le héros, Juan Carlos, est un authentique macho des années 80 qui ne connaît pas le point d’interrogation. Il a pour seuls bagages ses bottes, une chemise, un jean et une bible pour rouler des joints. Et même sans coûteux implants bioniques, il est super fort: il ne se fait pas piquer par les serpents parce qu’il ne craint personne ni Harley Davidson.

La vie sans point d’interrogation est différente. Quand Juan Carlos se lève le matin, ce n’est pas pour liker du chat sur Facebook. Ce matin là, il se lève pour l’or du Costa Rica, parce que la femme qu’il aime est bien gentille, mais le bouquin s’appelle Monsieur kiwi, pas Monsieur et Madame kiwi.

Au programme de ce sympathique petit guide “Tout pour réussir sa petite entreprise de mine d’or que même  le sympathique colonel Kurtz jalousera” : comment survivre à la malaria du matin, s’installer chez l’habitant, réunir son capital de départ en pariant sur la victoire belge au foot, gérer les conflits de voisinage avec un 357 chromé, chopper la seule autochtone de moins de 100 kilos à tous les coups, transformer ses employés alcooliques et feignants en efficaces collaborateurs, réussir le team-building au bistrot, gérer la négociation avec les ripoux locaux, monter un bordel dans la jungle sans comité d’entreprise, savoir mettre une main de fer dans la gueule plutôt que dans un gant de velours, trouver la bonne mine d’or au bon moment.

Et tout ça avec style s’il vous plaît, sans double chiasme:
“Les heures passent. Bordel, j’en ai marre, je gueule contre tout ce putain de vert qui ne sert à rien, cette saloperie de pluie et cette boue de merde. Je n’ai jamais aimé la jungle et là, je la déteste. Qu’est-ce que je fous là ? Pourquoi n’ai-je pas eu une vocation de garde-barrière ou de fonctionnaire ?”

Bernard Pivot ne tarit pas d'éloges sur l’auteur: “Égoïste, jouisseur, brutal, cynique, impitoyable, misogyne : mais vous êtes terrible!”

Oro, c’est culte. Il faut le lire parce que vous n’avez jamais lu ça ailleurs.
La littérature française a besoin d’un héros, c’est Juan Carlos.
Les journalistes de mode peuvent bien chipoter sur la chipolata et la romancisation (ça ne se dit pas) de cette autobiographie, I want to believe en Juan Carlos, dernier aventurier incorrect, en sa liberté de salopard dans un monde qui n’existe peut-être plus, même si je lui ne présenterais pas ma petite soeur.

Un bouquin que j’offre souvent aux potes, qui a besoin de l’avis d’une lectrice, et qui remporte pêle-mêle: un bijoux de famille, un Page Turner, un Easy Rider, un c'est pas la taille qui compte, un bal des débutants, et un Sous les Sunlights des tropiques.

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En bonus, l’interview avec Bernard Pivot:




2 commentaires:

  1. tu ne dis pas que Cizia s'appelle en fait Jean-Charles. ca explique pas mal de choses.

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