Sous les sunlights des Tropis

Les animaux dénaturés, de Vercors, commence par une histoire d’amour impossible à cause de la niaiserie des tourtereaux. Pour échapper au ridicule, le soupirant fait le coup de “Chérie, je pars au bout du monde interviewer le zoulou avec des potes anthropologues qui ont des super chapeaux”. Il se dit sûrement que les femmes ne résistent pas aux chapeaux.

L’histoire commence enfin, la bande à Picsou découvre le chaînon manquant entre l’homme et le singe: les tropis! Les tropis, ce sont des singes sans poils presque partout, et plus intelligents que les services clients téléphoniques du 21ème siècle.

Rien de grave, si ce n’est que le méchant capitaliste Vancruysen décide de refaire ses bas de laine en en faisant une main-d'œuvre à bon marché, sans salaires ni droits, ni syndicat, pour l’industrie textile.

Doug, le prétendant, a alors une idée qu’on ne trouvera pas tous géniale: il écrit une lettre de demande en mariage à sa douce en précisant longuement qu’il a couché avec Dora l’exploratrice, pour le sexe, et avec un singe, pour la Science.

C’est tromper ou c’est pas tromper? demande-t-il aux tribunaux rosbeefs, pensant sauver les tropis d’un destin de mouton par une réponse officielle, juridique, universelle aux questions:  Qu’est ce qu‘un homme, un vrai? Les tropis sont ils des hommes?

Les politiques s’en mêlent, pour le pire comme d’habitude: un homme, c’est celui qui regarde le Jubilé de la reine à la télévision sans zapper les pubs.
Les tropis sont sauvés, mais le schmilblick a autant avancé qu’un chien sans pattes. La suite au prochain épisode
Fin.


Les critiques sont unanimes, le livre pose une question. Mais à la différence de David et Jonathan avec Est ce que tu viens pour les vacances?, la question est grave, l’heure est grave, la voix de Fanny Ardant est grave.
Ne pas lire ou relire les animaux dénaturés à notre âge, ce n’est pas grave.
Ce n’est pas un roman, c’est une polémique sans Mickey ( dixit le Times de 1953).

Un livre qui pose la question de l’humain, c’est bien pour les dîners mondains, ça permet de faire autre chose que de critiquer la piquette de notre hôte. Mais le lecteur de romans du 21ème siècle trouvera ça longuet, plus très habitué ni séduit par les personnages à la psychologie, épaisse comme le cheveu dans ma soupe, ou plutôt comme une tartine pour étalage d’idée.

Quelques sourires pour le style tout de même: ”Il portait une moustache de phoque où traînait généralement quelque relief de ses repas” ou encore ”elle a referme sur moi, avec un naturel de coquillage, la chair tranquille d’un corps admirable”.

L'époque avait besoin de ce livre, je ne nie pas. Les collégiens ont toujours besoin de ce classique, comme en témoigne la critique de Nico, Yvelinois:


Et bien merci Nico pour la minute pas plus con qu’ailleurs: une subjection, ça existe vraiment: technique de polémique qui consiste à prévenir une objection en la faisant soi-même ou en y répondant avant qu'elle ne soit formulée.
Par contre, un conseil Nico: une femme, ça se subjugue, ça ne se subjectionne pas.

Finalement, Michel Polnareff, à qui on avait rien demandé, a décidé de répondre à la question centrale du livre Qu’est ce qu’un homme? Sa réponse:

Je suis un homme
Je suis un homme
Pas besoin d'un référendum
Ni d'un expert pour constater
Qu'elles sont en nombre pair



Un le bal des débutants, un plouf ( c'est un bon, Vercors), un idée plouf.

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2 commentaires:

  1. Pauvre Nico, la satire de Vercors prise comme référence anthropologique doit laisser un curieux mélange dans son esprit. Mais tout ceci restant en totale "décontraction"...

    Les tropis, décontractés de leur nature humaine, relax.

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  2. souvenir ému de cette lecture, dont les deux premiers tiers m'avaient bien plu (et j'étais moins jeune et plus naïf et globuleux que Nico). mais la fin, la fin... faut parler de la fin.

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