Une Andouillette pour Poirot


Pascal: -Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre.

Poirot: -Il n’y a pas que les muscles qui comptent. Je n’ai pas besoin de me mettre à quatre pattes pour examiner les traces de pas, moi. Ni de ramasser les mégots ou examiner les brins d’herbe. Il me suffit de m’installer dans mon fauteuil et de réfléchir.

Hercule Poirot 1- Pascal 0, le match continue dans Cinq petits cochons d’Agatha Christie.

Poirot ventilait sec quand soudain, Carla l’harrangue sur son sort: “Monsieur Moustache, c’est affreux, quelqu’un a tué papa il y a 16 ans, et vu que je veux me marier la semaine prochaine, il va falloir innocenter maman, fissa.”

L’appendice poilu de notre héros flaire promptement qu'il y a patate sous reblochon  et même matière à bouquin: “En voiture Simone” qu'il lui dit, puisqu'il n’aime pas marcher et qu’elle ne s’appelle pas Simone.

Cinq confrontations avec les suspects plus tard, feinte, contre-feinte, emballé c’est pesé, Poirot tient le coupable: et oui, c’est pas maman! Ça a l’air rapide comme ça, mais ça prend quand même 250 pages, avec dix récits de la même journée ensoleillée de 1927.

Verdict sans plus attendre: Cinq petits cochons est beaucoup moins chiant qu’un Cluedo.

Le lecteur, qui croit en son spider sens, s'égosille toutes les cinq pages: c’est trop lui le coupable!

Devant un film avec sa tendre moitié qu'on veux impressionner, ça marche tant qu'on a le bon coupable et qu'on a pas changé à chaque poignée de pop-corn. Avec un bouquin, la tendre moitié a plutôt tendance à répondre: oui oui mon chéri, ne renverse pas ta tisane.

Alors il va falloir jouer au justicier solitaire, dans un monde peuplé d’indices noyeurs de poissons. Et se planter lamentablement. Oui lecteur, tu va te faire berner, et tu seras quand même content. C’est là qu’elle est forte tata Agatha.

Tu seras aussi content que le jour béni (Hill) où tu as vu Columbo coincer le meurtrier parce qu'il n’avait pas d’ombre sous son nez dans Columbo and the Murder of a Rock Star.



C’est ce que j’aime dans Columbo. Jamais, oh grand jamais, on va me sortir un meurtrier inconnu du chapeau, genre le beau-frère du jardinier qui lit du Coelho (apothéose cinématographique de ce procédé faisandé dans Face a face avec Christophe Lambert, qui vous manque sûrement beaucoup).

Pour en revenir à nos moutons à la menthe, le meurtrier est sous notre glabre nez depuis le début  Et à chaque page on cherche l’indice qui tue, celui dont on est le seul à repérer l’importance capitale, car les autres lecteurs n’ont surement pas un diplôme de justicier solitaire aussi beau que le notre.

Mais comme le dit Agatha Christie:

C'est un type qui rentre dans un bar, et qui dit «Coucou c'est moi !»
Tout le monde se retourne, c'était pas lui.


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